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La richesse par l'entrepreneuriat technologique
ANNEXE A
L'ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE
ET L'INGÉNIERIE AU CANADA
Rapport d'atude - septembre 1997
Sommaire
Cet ouvrage traite de l'entrepreneuriat technologique, c'est-à-dire la création d'entreprises basées sur des technologies innovatrices visant à combler des besoins du marché clairement définis. Le document se penche, d'une manière pratique et instructive, sur plusieurs questions et enjeux liés à cette activité si cruciale à la création de nouvelles richesses et de nouveaux emplois.
Le rapport vise à stimuler l'intérêt du milieu pour les nouvelles technologies et le développement de nouveaux créneaux, et à encourager les ingénieurs et autres entrepreneurs à innover. Il nous faut développer l'esprit d'entrepreneuriat technologique pour tirer pleinement parti de la science et de la technologie disponibles et pour satisfaire les besoins du marché. C'est ainsi que nous pourrons augmenter la productivité et la compétitivité du Canada au niveau international.
Nouveaux défis
Pendant plusieurs décennies, les Canadiens ont joui d'une prospérité économique, ainsi que d'un niveau et d'une qualité de vie enviés par de nombreuses autres nations. Aujourd'hui, il semble que nous sommes en voie de perdre plusieurs de ces avantages à mesure que la concurrence intérieure et étrangère s'intensifie.
Afin de maîtriser leurs déficits, les gouvernements ont été forcés de couper dans plusieurs programmes et d'améliorer la productivité de leur administration et de leurs services. Pour survivre, plusieurs entreprises ont dû augmenter leur productivité. Certaines ont été obligées d'éliminer des emplois, tandis que d'autres ont dû s'attaquer à de nouveaux marchés. De plus, les contraintes budgétaires nuisent sérieusement à l'enseignement et à la recherche dans les universités.
Avec la refonte de nos institutions et le redressement de notre économie, il nous est devenu essentiel d'exceller dans nos activités industrielles et académiques. Dans le cadre de cet effort collectif, les ingénieurs doivent jouer un rôle plus important dans le rétablissement de la situation socio-économique du Canada, en plus de participer plus activement au processus d'innovation industrielle et du transfert technologique dans toutes les régions du pays. Ce défi requiert une forte dose d'entrepreneuriat technologique tant dans les domaines du design, de la production et de la commercialisation de produits et de procédés innovateurs, que dans la prestation de services de génie-conseil. Bref, il faut augmenter la fréquence et le rythme de l'innovation dans tous les secteurs.
L'entrepreneuriat technologique est particulièrement important pour les ingénieurs non seulement à cause de leur formation mais aussi de leur expérience. Les ingénieurs sont très bien placés pour jouer un rôle crucial dans le processus d'innovation qui est devenu le facteur clé de notre compétitivité dans l'économie mondiale.
Croissance de la productivité
Les gains du Canada aux plans de la compétitivité internationale et des revenus ne peuvent être réalisés que par l'accroissement de la productivité, qui nécessite entre autres: · un développement plus efficace des technologies et l'optimisation des processus de transfert technologique;
- une innovation accrue dans les domaines de la gestion, du marketing et des finances;
- une innovation accrue en matière de technologie conduisant à des cycles d'innovation plus courts et misant davantage sur l'entrepreneuriat technologique;
- l'amélioration et la promotion de la formation de la main-d'oeuvre;
- des incitations fiscales accrues de la part du gouvernement pour encourager l'industrie à innover davantage et à développer de nouvelles technologies;
- une meilleure efficacité des organismes gouvernementaux et l'élimination du déficit.
L'innovation - une lacune à combler
Selon l'OCDE, le Canada est affligé par un grave problème au plan de l'innovation. À notre avis, cette lacune est due à plusieurs déficiences majeures par rapport aux autres grands pays industrialisés. Ces déficiences comprennent entre autres:
- un taux plus faible d'adoption de technologies avancées, particulièrement en ce qui concerne la production de biens et de services, surtout dans le domaine des nouvelles technologies de l'information;
- un niveau plus faible d'exportation de biens et de services de haute technologie;
- un déficit annuel de quelque 20 milliards de dollars dans notre balance des paiements internationaux pour les produits de haute et de moyenne technologie;
- les PME qui n'engagent pas suffisamment d'ingénieurs et de technologues par rapport aux autres pays technologiquement évolués;
- un nombre proportionnellement plus faible d'ingénieurs que dans les autres pays technologiquement évolués, alors que nous avons un nombre proportionnellement plus élevé de scientifiques;
- un effort moindre en R-D, soit 1,5% du PIB contre 2,5 à 3,0% dans les autres pays technologiquement évolués;
- un financement plus faible de la R-D par l'industrie, soit 0,6% du PIB, contre 1,6% dans les autres pays technologiquement évolués;
- moins de chercheurs per capita, soit 4,7 sur 1 000 (main-d'oeuvre totale) contre 6,3 dans les autres pays technologiquement évolués;
- moins d'inventions, soit 0,3 brevet par 10 000 de population, contre 3,1 dans les autres pays technologiquement évolués;
- moins de programmes de formation en entrepreneuriat aux niveaux universitaire, collégial et secondaire par rapport aux États-Unis;
- une communauté financière moins disposée à investir dans l'innovation technologique par rapport aux États-Unis;
- beaucoup moins de capital de démarrage qu'aux États-Unis, particulièrement pour les entreprises émergentes;
- un manque de connaissance de l'environnement global;
- une industrie faisant moins appel aux alliances mondiales que celle des autres grands pays industrialisés.
Bien que le Canada soit l'un des grands pays commerçants, ses investissements en R-D représentent moins de 3% du total des investissements en R-D des pays de l'OCDE. De plus, sa part des exportations technologiques n'est que de 3% contre 21% pour les États-Unis, 19% pour le Japon, 16% pour l'Allemagne et 17% pour la France et le Royaume-Uni réunis. Enfin, son investissement annuel en technologie de l'information n'est que de 3% du total des pays de l'OCDE.
Appel aux armes
Ces données et ces chiffres peuvent surprendre et même choquer. Il n'en demeure pas moins que la situation concurrentielle du Canada est loin d'être idéale. Pour corriger cette situation, il faut en premier lieu bien cerner l'état des choses et établir un plan d'action. C'est ce que l'Académie veut accomplir. Mais il faut aussi que le gouvernement prenne des mesures fermes. Nous considérons (voir chap. 8) que le gouvernement devrait agir résolument pour aider les petites entreprises à relever le défi de l'innovation industrielle et du transfert technologique.
Dans son rapport intitulé Connecting with the World - Priorities for Canadian Internationalism in the 21st Century diffusé en novembre 1996, le groupe de travail dirigé par M. Maurice F. Strong énonçait en d'autres termes le message que l'Académie veut véhiculer dans le présent rapport:
«Aujourd'hui, le changement est caractérisé par l'incertitude et la vitesse, et les Canadiens font inévitablement partie de ce changement. La mondialisation, qui touche l'industrie, le monde financier, les marchés, l'environnement, l'information et les communications, est assurément la force transformatrice la plus importante depuis le début de la révolution industrielle, il y a deux siècles environ... Le changement entraîne des bouleversements, mais s'il est bien planifié, il peut représenter des opportunités considérables pour les Canadiens.»
Une question de priorités
Pour apporter un changement important dans les objectifs et les attitudes, nous devons non seulement réviser nos priorités, mais aussi établir une culture d'entreprise plus inventive et plus innovatrice au Canada. Plusieurs pays ont déjà pris une place importante dans la nouvelle économie. Ces exemples sont éloquents et nous devrions en tirer parti. Mais seuls les Canadiens peuvent élaborer et mettre en oeuvre des processus d'évolution technologique adaptés au contexte canadien. Nous avons trop longtemps adopté une certaine attitude de complaisance pendant que les autres pays industrialisés filaient à pleine vapeur vers la nouvelle économie. Notre mode et notre qualité de vie sont menacés parce que nous dépensons plus que nous produisons réellement, une situation qui est très bien mise en évidence par notre énorme déficit annuel dans notre balance des paiements internationaux en ce qui concerne le commerce des hautes et moyennes technologies.
Le Canada a toujours bénéficié de ses vastes richesses naturelles. Nous devons tout faire pour conserver cet avantage. C'est pourquoi il nous faut de la vision, de nouveaux talents, de nouvelles compétences, de l'expérience, du capital et surtout des investissements dans de nouvelles technologies.
Il nous faut réorienter notre créativité et nos efforts vers le développement de produits et de services à valeur ajoutée. Surtout, il nous faut mettre à profit nos considérables ressources humaines en ingénierie et dans les domaines connexes.
Les ingénieurs et la nouvelle économie
Dans la nouvelle économie, la société mondiale fonctionne autour et à l'aide de réseaux globaux de capital, de technologie, de gestion et d'information où l'accès rapide au savoir-faire est au coeur de la productivité et de la compétitivité. Les industries à base de connaissances sont devenues les principales créatrices de nouveaux emplois et de nouvelles richesses.
Dans ce contexte, l'innovation et l'entrepreneuriat technologique sont des facteurs de progrès particulièrement importants. C'est pourquoi les ingénieurs sont si bien placés pour aider le Canada à combler sa lacune en innovation, augmenter la productivité et améliorer notre compétitivité sur le marché mondial.
L'ingénierie est réellement une profession entrepreneuriale. Elle peut grandement contribuer au processus d'innovation industrielle et à la commercialisation plus rapide de nouveaux produits et services, tout en augmentant la compétitivité du Canada en sciences et en technologie.
Le Canada compte plus de 160 000 ingénieurs oeuvrant dans tous les secteurs de l'activité économique: fabrication (21%), génie-conseil (17%), services (16%), richesses naturelles (14%), gouvernement (13%), le milieu universitaire (12%) et la construction (7%). La plupart de ces ingénieurs occupent des fonctions techniques, et 20% environ oeuvrent en gestion des affaires.
Le potentiel d'innovation du Canada est également mis en évidence par les quelque 49 000 étudiants en ingénierie répartis dans 33 écoles de génie à travers le pays. De ce nombre, 9 000 poursuivent des études supérieures et participent à des projets de recherche.
La formation en entrepreneuriat technologique
Les entrepreneurs technologiques ne sont pas nécessairement nés comme tels. En fait, la plupart d'entre eux le deviennent empiriquement, à mesure qu'ils innovent. En fait, les entrepreneurs technologiques forment en quelque sorte un groupe à part. Ils possèdent des qualités naturelles comme la créativité et le leadership, ainsi que des compétences acquises comme la résolution de problèmes, l'expertise technologique, et la gestion des affaires.
Ce rapport souligne le besoin pressant d'une formation en entrepreneuriat technologique, aussi bien dans les facultés d'ingénierie que dans les facultés de sciences de l'administration. Pour maximiser l'impact de cette formation, les facultés d'ingénierie et de sciences de l'administration des grandes universités doivent collaborer au développement de programmes d'entrepreneuriat conjoints au premier cycle ainsi qu'au niveau des études supérieures. Ces facultés pourraient également établir des centres d'entrepreneuriat pour tous les étudiants intéressés par l'entrepreneuriat, incluant les étudiants en sciences pures.
Ces programmes contribueraient grandement au développement de la science et de la technologie. Une formation en entrepreneuriat aiderait aussi à améliorer la qualité de l'éducation en sensibilisant les étudiants aux besoins du marché et en les encourageant à développer de nouvelles compétences.
L'importance des firmes innovatrices
Les firmes innovatrices revêtent une importance particulière. Elles sont la principale source de nouvelles richesses et de création d'emplois. Dès 1939, Schumpeter avait reconnu l'importance de l'innovation entrepreunariale « lorsque de nouveaux développements technologiques et scientifiques donnent lieu à des opportunités économiques qui sont saisies par de nouveaux entrepreneurs, il émerge de petites entreprises dynamiques qui deviennent des moteurs de l'innovation.» Formulé il y a 50 ans, cet énoncé est d'autant plus vrai aujourd'hui.
À mesure que les industries et les marchés évoluent, les entreprises qui survivent croissent, la différenciation entre les produits concurrentiels diminue, et la concurrence se fait de plus en plus au niveau des prix. C'est alors que les efforts d'innovation sont dirigés de plus en plus vers les technologies qui permettent de réduire les coûts. Étroitement liée aux forces du marché, l'innovation devient partie intégrante de la gestion de l'entreprise.
Les grandes entreprises dans les domaines des télécommunications et de l'aéronautique ont beaucoup contribué à la compétitivité du Canada sur les marchés internationaux de la haute technologie par leur profond engagement envers la R-D. Dans les autres secteurs, la plupart des grandes firmes sont des fabricants de produits qui requièrent moins de R-D pour demeurer compétitifs. Dans ce contexte, l'entrepreneuriat et le haut niveau d'innovation par un grand nombre de petites entreprises constituent un élément critique au progrès technologique et socioéconomique.
Notre économie en est une de petites (moins de 100 employés) et de moyennes entreprises (100 à 499 employés), soit les PME. En plus de 1,3 million de travailleurs autonomes, le Canada comptait 922 182 employeurs en 1993, dont moins de 4 000 employaient plus de 500 personnes. Les entreprises de moins de 100 employés représentaient 99% du total des entreprises et avaient contribué 50% de la création d'emplois par le secteur privé et 42% du PIB du secteur privé.
De plus, les PME créent plus de 85% des nouveaux emplois. Elles investissent plus en R-D, diffusent les nouvelles technologies plus rapidement et développent plus de nouveaux produits et services que les autres firmes. Elles font preuve d'un entrepreneuriat remarquable et produisent plus de la moitié des innovations industrielles du pays. Malheureusement, elles ne représentent que 10% des exportations totales du Canada.
Bien que le nombre des PME exportatrices soit passé de 33 000 en 1986 à 73 000 en 1992, en bonne partie en raison de la croissance du secteur des services, il reste beaucoup à faire pour faciliter l'accès des PME innovatrices au marché mondial.
Une récente étude de Statistique Canada montre clairement que les PME exportatrices investissent considérablement plus en R-D et sont plus créatives et innovatrices que celles qui se restreignent au marché intérieur.
Les facteurs critiques à la réussite d'une petite entreprise sont sa capacité d'innover, son accès aux marchés nationaux et internationaux, ainsi que sa compétence et ses prouesses technologiques. L'assistance de l'État, un programme de marketing bien conçu, l'accès à des sources de capital, une gestion efficace et les compétences des employés sont également des facteurs importants, mais l'innovation reste au premier rang.
Financement de l'innovation
Ce rapport traite aussi de l'importance du financement de l'innovation. Les difficultés que la plupart des entrepreneurs technologiques connaissent lorsqu'ils cherchent du capital de démarrage pour leurs projets représentent un obstacle majeur à une présence mondiale accrue de l'industrie canadienne de la haute technologie. Dans la plupart des cas, la recherche de financement pour innover est un processus à la fois ardu, complexe, long et coûteux.
Ces difficultés émanent de la culture et de l'attitude du secteur financier, de la structure de l'économie canadienne, du système fiscal et d'autres politiques gouvernementales, du manque de parrainage de nos nouveaux entrepreneurs par les investisseurs privés, et de la difficulté inhérente à évaluer des actifs intangibles comme la propriété intellectuelle.
Ces difficultés sont exacerbées par le fait que le succès ou l'échec d'une nouvelle entreprise technologique est souvent lié au financement obtenu, c'est-à-dire comment, quand et dans quelles circonstances.
La situation n'est toutefois pas totalement sombre. En effet, le capital de risque a connu un accroissement remarquable ces dernières années. En 1996, plus d'un milliard de dollars ont été investis dans quelque 525 entreprises, dont le tiers environ dans les domaines de l'informatique et de la biotechnologie. Ce montant n'inclut même pas les sommes contribuées par les investisseurs privés qui jouent un rôle critique dans le financement de nouvelles entreprises.
Facteurs de réussite et d'échec de nouvelles entreprises technologiques
L'expérience vécue par les nouvelles entreprises technologiques montre que leur réussite dépend généralement des facteurs suivants:
- un entrepreneur habile, compétent, visionnaire et innovateur
- une équipe de gestion expérimentée et homogène
- une infrastructure de financement solide et un accès à des capitaux de démarrage
- l'accès à un marché important ou en croissance
- un produit ou un procédé qui, aux yeux du client, paraît clairement supérieur aux autres
- une nouvelle technologie solide ainsi que des compétences internes clés ou des compétences externes facilement accessibles pour exploiter cette technologie
- une stratégie commerciale et technologique astucieuse
- enfin, un environnement favorable, particulièrement en ce qui concerne les politiques gouvernementales et fiscales pour encourager le développement de nouvelles technologies et l'innovation industrielle.
Les causes d'échec les plus fréquentes sont:
- l'insuffisance de capital de démarrage
- l'attitude du fondateur de la nouvelle entreprise
- l'inefficacité de l'équipe de gestion
- un manque d'orientation et un effort insuffisant en marketing, en technologie et en exploitation, ainsi que le manque d'enchaînement entre ces divers aspects
- une technologie déficiente.
L'essaimage
L'essaimage est un aspect important de l'investissement en technologie. Ce phénomène se produit lorsqu'une entreprise, qu'il s'agisse d'un fournisseur ou d'un consommateur d'innovations technologiques, devient l'incubateur d'une nouvelle entreprise, l'entreprise essaimée. Dans ce cas, des gens peuvent quitter leur emploi parce qu'ils se sentent contraints dans leur travail, que ce soit à cause d'un manque de vision de la direction, d'une disparité entre leurs aspirations et les objectifs ou les politiques de l'entreprise, ou encore d'un manque d'intérêt à poursuivre de nouvelles technologies ou de nouveaux créneaux.
En règle générale, les ingénieurs qui créent des entreprises essaimées sont technologiquement très qualifiés, mais souvent mal préparés au niveau du développement expérimental, de la gestion des ressources humaines, du marketing et des finances. C'est pourquoi ces professionnels peuvent grandement bénéficier d'une collaboration avec des gestionnaires efficaces qui leur apporteront une expertise complémentaire. Les nouvelles entreprises innovatrices, et qui réussissent, sont généralement dotées d'un personnel expérimenté dans les domaines de la technologie et de la gestion, en plus de posséder une bonne connaissance de leurs créneaux et de mériter le respect des clients, fournisseurs et financiers potentiels.
Dans le monde universitaire, les nouvelles entreprises résultent de progrès ou de découvertes technologiques, par exemple dans les domaines de l'informatique ou de biotechnologie. Ces entreprises partagent plusieurs des caractéristiques et des lacunes des nouvelles entreprises essaimées directement de l'industrie.
Dans les deux cas, les entreprises essaimées qui réussissent sont de puissants motivateurs pour les futurs entrepreneurs.
De telles entreprises se forment et prospèrent dans des régions ayant suffisamment d'entreprises de haute technologie pour générer des nouveaux créneaux, tout en laissant aux nouvelles entreprises suffisamment de place pour réussir. Comme les autres entreprises, les entreprises essaimées ont besoin d'une bonne infrastructure de soutien.
L'entrepreneuriat et l'internet
Les opportunités offertes par les nouvelles technologies d'information et des communications, par l'Internet en particulier, constituent un autre important facteur dans la réussite de l'entrepreneuriat technologique. La convergence remarquable de l'informatique, des télécommunications et de la micro-électronique ouvre la voie sur des avenues complètement nouvelles, depuis la réalité virtuelle et les nouvelles méthodes de conception, jusqu'aux réseaux globaux et au commerce électronique.
L'entrepreneuriat assisté par l'électronique offre des possibilités intéressantes aux ingénieurs, aux informaticiens et aux technologues qui visent l'entrepreneuriat. Non seulement peuvent-ils prospérer en utilisant pleinement les capacités de l'Internet pour étendre leurs marchés, ils peuvent aussi développer le matériel et les logiciels requis pour évoluer dans l'ère de l'information et ses nombreuses ramifications.
L'innovation au canada
Le Canada bénéficie d'un environnement propice à l'innovation et d'une infrastructure de R-D et d'éducation bien développée. Cependant, par rapport à d'autres pays du G-7, la diffusion de la technologie est encore trop lente. Ensuite, l'industrie canadienne investit beaucoup moins dans la R-D que les autres pays industrialisés, ce qui nuit considérablement à notre capacité d'innover. Enfin, trop de laboratoires de recherche du gouvernement fédéral n'ont pas travaillé d'assez près avec l'industrie pour développer la masse critique requise.
En bref, pour maintenir son rang élevé au sein des pays industrialisés, le Canada doit développer une meilleure capacité d'innover et concurrencer sur le marché mondial des produits et des services à valeur ajoutée. Il nous faut développer davantage notre entrepreneuriat technologique et exploiter les nouvelles technologies de l'information et des communications, y compris l'Internet.
L'Académie considère que les ingénieurs canadiens doivent reconnaître et accepter les défis du changement et assurer un leadership pour réussir dans la nouvelle économie. Nous possédons des ressources et des talents exceptionnels dans des domaines où nous excellons, dont la science et la technologie, une attitude entrepreneuriale croissante, ainsi qu'un nouvel esprit de collaboration qui commence à produire des résultats. Les ingénieurs canadiens et l'Académie en particulier doivent aider à combler la lacune dont le pays souffre au plan de l'innovation.
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