l'Énergie et le changement climatique
Reconnaissant la contribution fondamentalement importante de l'énergie au
bien-être de la société,
à l’échelle
nationale et internationale ainsi que son impact sur le climat de la
planète, les gouvernements et l'industrie doivent coopérer sans tarder à
l'élaboration et à la mise en oeuvre de politiques énergétiques et climatiques
intégrées.
Il est aujourd'hui largement reconnu que la température à la
surface de la Terre est contrôlée par l'un des systèmes les plus puissants de la
Nature, un système que l'on appelle communément l'«effet de serre». Certains
«gaz à effet de serre» (GES) responsables de ce phénomène sont présents dans la
nature. Il s'agit principalement de la vapeur d'eau, du dioxyde de carbone, du
méthane et de l'oxyde d'azote. Ces gaz laissent passer le rayonnement solaire
très pénétrant au travers de l'atmosphère jusqu'à la surface de la Terre. Ces
mêmes gaz réfléchissent vers la Terre une grande partie du rayonnement
infrarouge moins pénétrant provenant de la surface de la Terre et de
l'atmosphère inférieure. Ce processus naturel maintient la température de la
surface de la Terre à 33 °C
environ au-dessus de ce qu'elle serait autrement. D'autres GES sont produits par
l'activité humaine, ou anthropogène. Ces gaz comprennent les quatre gaz
d'origine naturelle ainsi que les hydrofluorocarbures, les pétrofluorocarbures
et l'hexafluorure de soufre. Cette contribution additionnelle exacerbe l'effet
de serre dont la portée totale fait encore l'objet de débats.
Dans les années 1980 et 1990, des discussions nationales et
internationales sur le besoin d'établir des politiques énergétiques durables ont
été étendues pour inclure le besoin de politiques climatiques durables afin de
faire face au phénomène de réchauffement de la planète accompagné par d'autres
changements climatiques parfois sévères.
Les
controverses sur les causes fondamentales de ces phénomènes et sur leurs
conséquences possibles découlent en partie du débat continu dans les milieux
scientifiques sur la contribution relative des concentrations rapidement
croissantes des gaz à effet de serre et d'autres polluants dans l'atmosphère
provenant de sources industrielles, d'une part, et des variations climatiques
naturelles, d'autre part. La périodicité des glaciations et les effets
interactifs à court terme du soleil et du gaz à effet de serre le plus abondant,
soit la vapeur d'eau, sont souvent cités comme des facteurs importants de la
variabilité naturelle du climat.
L'augmentation documentée de la fréquence, de l'ampleur et de
l'intensité des cyclones qui se sont produits dans les deux hémisphères au cours
des dix dernières années et les rapports éloquents de l'Organisation
météorologique mondiale et d'organismes nationaux sur les températures de
surface de pointe autour de la planète appuient la conviction croissante que le
réchauffement de la planète et d'autres changements climatiques - que leur cause
soit naturelle ou anthropogène – est devenu une préoccupation sérieuse. Les
années 1990 représentent la décennie la plus chaude du millénaire, et l'année
1998
fut l'année la plus chaude de la dernière décennie.
C'est dans ce contexte qu'un groupe de travail composé de
membres de l'Académie a été formé pour examiner la question du réchauffement de
la planète et le rôle des activités anthropogènes, et pour suggérer des
activités futures de l'Académie dans ce domaine. Au mois de mars 2002,
l'Académie a publié un rapport intitulé «l'Énergie et le changement
climatique - Une perspective canadienne» préparé par le groupe de travail
avec une contribution éditoriale et autre de la part de collègues intéressés.
[Le rapport peut être consulté et téléchargé à partir du site
www.acad-eng-gen.ca].
Le rapport du groupe de travail présente les conclusions
suivantes
·
un consensus scientifique international s'est
établi à la lumière des données exhaustives enregistrées au cours des 150
dernières années et montrant qu'il y a effectivement un réchauffement de la
planète;
· la
hausse des températures autour de la planète est devenue perceptible vers le
début du 20e siècle. Cette hausse coïncide avec le rythme accéléré de
la Révolution industrielle et la montée concurrente des taux de consommation
énergétique;
· il
y a une forte corrélation entre la concentration de dioxyde de carbone dans
l'atmosphère et la température moyenne à la surface de la Terre tel que démontré
par l'analyse de carottes de glace prélevées dans l'Antarctique au cours du
dernier siècle. (Bien que les concentrations de méthane et d'oxyde d'azote dans
l'atmosphère aient augmenté parallèlement au dioxyde de carbone, leurs
concentrations absolues sont inférieures à celles du dioxyde de carbone par des
facteurs de 100 et 1 000, respectivement. L'intérêt s'est donc porté sur le
dioxyde de carbone provenant de sources industrielles, commerciales et
privées.)
L'énergie est l'un des moteurs les plus importants des
économies nationales et, par conséquent, du bien-être des sociétés. L'espérance
de vie sans invalidité a augmenté dans les sociétés qui ont bénéficié d'une
croissance de revenus et d'une consommation énergétique accrue, ce qui
représente un indicateur convaincant de cette relation.
À mesure que la Canada avance dans le nouveau millénaire, il
est impératif que des initiatives gouvernementales et industrielles soient mises
de l'avant en étroite collaboration afin d'établir des politiques énergétiques
et climatiques intégrées et durables.
Ces politiques doivent:
· reconnaître
la contribution fondamentalement importante de l'énergie, autant en termes de
production que de consommation, au bien-être de la société à l'échelle nationale
et internationale;
· aborder
et examiner, d'une manière équilibrée, impartiale, de même que scientifiquement
et techniquement correcte, l'éventail complet des sources d'énergie disponibles
au Canada pour s'assurer que les actions prises pour atteindre les objectifs des
deux politiques se renforcent mutuellement;
· continuer
à démontrer que le Canada est un tenant actif des efforts internationaux visant
à améliorer le bien-être économique et social ainsi que la sécurité de tous les
membres de la communauté mondiale qui adhèrent aux objectifs et aux principes
des Nations Unies.
Conclusion:
L'Académie canadienne du génie pourrait se joindre à d'autres
organisations responsables et encourager le gouvernement fédéral à mettre en
place des politiques énergétiques et climatiques intégrées et durables. De
telles politiques pourraient fort bien servir de modèles aussi bien à d'autres
pays développés qu'à des pays en voie de développement.
La présentation ci-dessus est une publication de l'Académie canadienne du génie, dont les membres offrent bénévolement au public canadien des renseignements fiables et à propos sur des questions importantes pour la sécurité, la santé et la
politique publique.
Rédacteur: Jozinus Ploeg
Tél: (613) 745-2390
jploeg@trytel.com
Directeur général: Philip Cockshutt
180, rue Elgin, pièce 1100
Ottawa (Ontario) K2P 2K3
Tél: (613) 235-9056
acadeng@ccpe.ca
Questions de génie -- No 10, Mars 2003
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